Marjorie Chevalier

Mon travail est une construction d'entités corporelles dont la plastique polymorphe se réinvente sans cesse. La matière corps, modulable à l'infini, s'imbrique, s'entremêle, s'articule, s'étire ou se serre, se soutient ou s'écrase, dans un espace de composition à la frontière entre le réel et l'imaginaire.

Le processus de déconstruction et de recomposition interroge les limites de l'informe et du réel, les notions d'équilibre et d'harmonie. En bousculant nos référentiels et notre rapport à la norme, il joue avec l'étrange, impliquant l'ambivalence des sensations d'attirance et de répulsion.

Étant seul objet dans l'espace de représentation, le corps est libéré de tout contexte réel, dépourvu de son caractère social, ayant une existence propre, un sens et une valeur intrinsèque. Ce corps subjectif, qui déjoue l'ordre établi, deviendrait ainsi intemporel, comme extrait de la finitude.